Consultant en auto-entreprise : quelles charges et quel net réel ?
Le conseil est probablement le métier où l'écart entre « ce que je facture » et « ce que je gagne » surprend le plus. Un consultant encaisse des montants confortables, mais il cumule trois particularités : des cotisations au taux libéral plein, des frais de mission bien réels que la micro-entreprise ne déduit pas, et un chiffre d'affaires qui franchit vite les seuils. Voici le calcul honnête, poste par poste.
Pour le chiffre immédiat, notre calculateur URSSAF répond en 10 secondes. Ici, on décompose.
Tes charges en micro : une seule ligne, un gros taux
Consultant, c'est une activité libérale (BNC). En micro-entreprise, tes cotisations sociales sont un pourcentage fixe de ton chiffre d'affaires encaissé : 25,6 % au 1er janvier 2026, au terme de la réforme qui a relevé les taux BNC par paliers depuis 2024. Barème indicatif, à vérifier sur urssaf.fr — le taux exact peut varier selon ta caisse de retraite, notamment si tu relèves de la CIPAV.
C'est ta seule « charge sociale ». Pas de cotisation minimale, pas d'appel de charges surprise comme en société : zéro chiffre d'affaires, zéro cotisation. La simplicité du régime est réelle — c'est son arithmétique qu'il faut regarder en face.
L'exemple complet : 5 000 € de CA par mois
Un consultant facture 5 000 € par mois (par exemple 10 jours à 500 €).
- Cotisations sociales : 5 000 × 25,6 % = 1 280 €
- Reste avant impôt : 3 720 €
- S'il a opté pour le versement libératoire : + 2,2 % du CA, soit 110 € par mois, impôt soldé. Sinon, impôt au barème sur le CA après abattement de 34 % (soit 3 300 € imposables par mois) — le comparatif des deux options est dans notre simulateur brut/net.
Sur l'année : 60 000 € encaissés, 15 360 € de cotisations. Tu restes sous le plafond micro des services (83 600 €, plafond revalorisé en 2026, à vérifier), mais pas sous tous les seuils — on y vient.
Le piège du consultant : les frais que la micro ignore
La micro-entreprise ne déduit aucun frais réel. L'administration applique à la place un abattement forfaitaire (34 % en BNC) censé les couvrir. Or le conseil est un métier à frais :
- déplacements, trains, hôtels, repas en mission ;
- sous-traitance ponctuelle (études, design de livrables) ;
- logiciels, documentation, assurance RC pro — quasi indispensable quand tes recommandations engagent le client ;
- formation et certifications, le fonds de commerce du consultant.
Si le client te rembourse tes frais, attention au réflexe vital : refacturés, ils entrent dans ton chiffre d'affaires et tu paies 25,6 % de cotisations dessus. 300 € d'hôtel refacturés au client, c'est 77 € de cotisations sorties de ta poche. La parade : faire payer un maximum de frais directement par le client, sans transiter par ta facturation.
À partir de quand la micro te coûte de l'argent
La règle de décision tient en une phrase : tant que tes frais réels sont nettement inférieurs à l'abattement de 34 %, la micro gagne. Quand ils s'en rapprochent, le réel gagne.
Notre consultant à 60 000 € de CA bénéficie d'un abattement forfaitaire de 20 400 €. S'il dépense réellement 5 000 € par an, la micro est imbattable en simplicité comme en résultat. S'il sous-traite et voyage pour 20 000 € par an, l'EI au régime réel ou la SASU deviennent sérieusement candidates — avec en prime la déduction de la TVA sur ses achats. La bascule dépend de tes chiffres exacts : c'est précisément ce que compare notre simulateur micro vs société, et notre guide complet du choix de statut détaille les critères.
La TVA : dépassement quasi certain en cours d'année
Le seuil de franchise en base de TVA pour les services est d'environ 37 500 € annuels (majoré à 41 250 € — à vérifier sur impots.gouv.fr). À 5 000 € par mois, tu cumules 37 500 € fin juillet. Un consultant à temps plein sort donc de la franchise presque mécaniquement.
Concrètement : facturation avec TVA à 20 %, déclarations périodiques, numéro intracommunautaire. Pour des clients entreprises — l'immense majorité en conseil — c'est neutre : ils récupèrent la TVA. Ça devient même un avantage : tu récupères la TVA sur tes propres achats. Notre simulateur de seuil de TVA te dit le mois exact de bascule à ton rythme.
Les lignes annexes à ne pas oublier
- Contribution à la formation professionnelle : environ 0,2 % du CA, prélevée avec les cotisations.
- CFE : due à partir de la deuxième année, quelques centaines d'euros selon la commune.
- RC pro : non obligatoire pour le conseil, fortement recommandée — son coût annuel se pense comme un pourcentage de ton TJM.
Le réflexe de trésorerie du consultant
Les missions de conseil paient souvent à 30 ou 60 jours, parfois en une fois en fin de mission. Tes cotisations, elles, tombent chaque mois ou chaque trimestre. Provisionne 25,6 % (plus le versement libératoire le cas échéant) le jour de l'encaissement, sur un compte séparé, et l'URSSAF ne sera plus jamais une mauvaise surprise. Un compte pro avec provision automatique ou un logiciel de compta pour indépendants le fait sans y penser — on recommande lesquels, et pourquoi, dans nos guides outils.
Le mot juste sur ces chiffres
Ces calculs sont des estimations indicatives, pas un conseil fiscal personnalisé. Les taux, seuils et plafonds cités sont le barème indicatif au 1er janvier 2026 : vérifie-les sur urssaf.fr et impots.gouv.fr avant toute décision qui engage ton argent, ou fais valider ta situation par un professionnel. Chez Cotiz, chaque chiffre est daté et sourcé.
Le calcul juste, pour les indépendants.
Chiffre tes cotisations de consultant
Calcule tes cotisations avec le calculateur URSSAF gratuit de Cotiz, puis vérifie si la micro reste ton meilleur statut avec le simulateur micro vs société.