Auto-entrepreneur ou EI, EURL, SASU : le guide complet pour choisir sans se tromper

Mis à jour le · Équipe Cotiz

Estimation indicative, pas un conseil fiscal, comptable ou juridique. Les taux, seuils et règles cités sont ceux connus au 1er janvier 2026 : vérifie-les sur urssaf.fr et impots.gouv.fr avant toute décision qui engage ton argent.

C'est la question que tout freelance se pose deux fois : au lancement, puis le jour où ça marche. Auto-entrepreneur ou société ? La réponse honnête tient en une phrase : ça dépend de quatre chiffres — ton chiffre d'affaires, tes frais réels, ton besoin de protection sociale, et ta tranche d'impôt. Ce guide te donne la méthode complète pour trancher, avec des ordres de grandeur chiffrés et les cas types les plus courants. Pas de réponse universelle, mais une réponse pour toi.

Et si tu veux comparer tout de suite avec tes propres chiffres : notre simulateur micro vs société met les trois options côte à côte en 10 secondes.

Les quatre options sur la table

Avant de comparer, posons les termes — parce que la moitié des confusions vient de là.

En pratique, le match se joue presque toujours entre micro, EI au réel et SASU (l'EURL se comporte fiscalement comme une EI au réel dans la plupart des cas de freelance solo — on la traite ensemble).

Critère n°1 : tes frais réels face à l'abattement

C'est le critère le plus décisif et le plus mal connu. En micro, tu ne déduis aucun frais : l'administration applique un abattement forfaitaire censé les couvrir — 34 % pour les activités libérales BNC, 50 % pour les services BIC, 71 % pour la vente (barème indicatif, à vérifier sur impots.gouv.fr).

La règle de décision : si tes frais réels sont nettement en dessous de l'abattement, la micro te fait un cadeau. S'ils s'en approchent ou le dépassent, le réel devient plus intéressant.

Un développeur ou un rédacteur avec 5-10 % de frais réels profite à plein d'un abattement de 34 % : la micro est taillée pour lui. Un consultant qui voyage et sous-traite, un photographe qui investit en matériel, un artisan avec des achats de matières : leurs frais réels peuvent dépasser le forfait, et chaque euro non déduit est un euro cotisé et imposé pour rien.

Critère n°2 : ton niveau de chiffre d'affaires

Critère n°3 : la protection sociale que tu veux vraiment

C'est ici que les statuts divergent le plus — et que le « net » affiché ne dit pas tout.

La façon juste d'y penser : les cotisations TNS ne sont pas « moins de charges », c'est moins d'assurance. Si tu choisis la micro ou l'EI, la différence devrait financer une prévoyance privée et un effort d'épargne retraite — sinon tu ne compares pas deux statuts, tu compares un statut assuré à un statut à découvert.

Critère n°4 : l'impôt, et le levier des dividendes

En micro, ton impôt se calcule sur le CA après abattement (ou au versement libératoire si tu y as droit — comparatif dans notre simulateur brut/net). En EI au réel, sur ton bénéfice. Jusque-là, tout passe au barème de l'impôt sur le revenu : plus tu gagnes, plus ta tranche marginale monte.

La société à l'IS (SASU, EURL sur option) ajoute un levier qui n'existe nulle part ailleurs : choisir ce que tu sors et ce que tu laisses dans la société. Tu peux te verser un salaire modéré, laisser le reste en réserve imposé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice environ, à vérifier), et le distribuer plus tard en dividendes soumis à la flat tax de 30 %. Pour un freelance qui gagne bien plus qu'il ne dépense, ou qui veut lisser ses revenus dans le temps, c'est l'argument massue de la SASU. Notre simulateur ne modélise volontairement pas les dividendes (trop dépendant des situations individuelles) : à ce niveau d'enjeu, ce guide t'oriente, un expert-comptable décide avec toi.

Critère n°5 : les frottements qu'on oublie

Trois cas types pour te situer

Le lanceur prudent — 25 000 € de CA visés, frais faibles. Micro, sans hésiter. Simplicité maximale, ACRE la première année, aucune structure à financer. Tu réévalueras quand les chiffres auront grossi. Le détail de tes cotisations est dans le calculateur URSSAF.

L'établi à frais réels — 60 000 € de CA, 20 000 € de frais. La zone de bascule. En micro : cotisations sur 60 000 €, abattement forfaitaire inférieur à tes frais réels. En EI au réel : cotisations (~30 % TNS) et impôt sur 40 000 € de bénéfice seulement. Le réel gagne probablement — vérifie avec le simulateur micro vs société, ligne à ligne.

Le performeur — 90 000 €+ de CA, au-dessus du plafond micro. Le match EI réel vs SASU. Envie de net immédiat maximum et à l'aise avec une protection TNS complétée en privé : EI (ou EURL). Envie de meilleure retraite, de lisser tes revenus ou de laisser des bénéfices en société : SASU, et un rendez-vous chez un expert-comptable pour calibrer salaire et dividendes.

Changer de statut : dans quel sens, et quand

Le chemin naturel va de la micro vers la société, rarement l'inverse. Partir en micro n'est jamais une erreur irréversible : la bascule se fait proprement (passage au réel sur option, ou création de société et transfert d'activité), idéalement en fin d'année civile pour des comptes lisibles. Le vrai signal pour changer, ce n'est pas un seuil magique de CA — c'est le moment où tes frais réels, ta tranche d'impôt ou ton besoin de protection sociale rendent le forfait micro plus coûteux que la simplicité qu'il t'offre. À partir de quel chiffre exactement ? On y consacre un article dédié.

Le mot juste sur ces chiffres

Ce guide donne des ordres de grandeur indicatifs pour orienter ta réflexion — pas un conseil fiscal, comptable ou juridique personnalisé. Les taux, seuils, plafonds et règles cités sont ceux connus au 1er janvier 2026 et doivent être vérifiés sur urssaf.fr, impots.gouv.fr et service-public.fr avant toute décision. Un changement de statut engage ton argent et ta protection sociale pour des années : au moindre doute, fais valider ton cas par un expert-comptable. Chez Cotiz, chaque chiffre est daté et sourcé — c'est la condition pour mériter ta confiance sur un sujet pareil.

Le calcul juste, pour les indépendants.

Compare avec tes chiffres à toi

Micro, EI au réel ou SASU : mets les trois options côte à côte dans le simulateur de statut gratuit de Cotiz.